Le Conseil Scientifique de l'AIRE

En dépit de son apparente simplicité, la proposition d'un Revenu d'Existence distribué à toute la population d'un pays comme la France constitue une rupture radicale dans de nombreux domaines.

Un groupe d'experts reconnus - professeurs d'université et chercheurs en philosophie, économie, sociologie, sciences politiques - aide l'association à enrichir ses propositions.

François Bourguignon

Né en 1945, François Bourguignon est directeur d'études à l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales. Initialement formé comme statisticien, il a obtenu un PhD en économie à l'Université de Western Ontario, puis un doctorat d'Etat à l'université d'Orléans. Il a occupé le poste de directeur de l'école d'économie de Paris de 2007 à janvier 2013.

Ses travaux, théoriques et empiriques, portent principalement sur la distribution et la redistribution des revenus dans les pays en voie de développement et dans les pays développés. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages et de nombreux articles dans les revues économiques internationales. Il a reçu au cours de sa carrière plusieurs distinctions scientifiques et enseigné dans plusieurs universités étrangères. Il a une riche expérience de conseil auprès de plusieurs gouvernements et d'organisations internationales. De 2003 à 2007, il a été l'économiste en chef et le premier vice-président de la Banque Mondiale à Washington.

Ses travaux des années 1997-1998 sur le thème "fiscalité et redistribution" ont constitué la première modélisation chiffrée d'une forme d'impôt négatif pour la France, inspirant la création en 2001 de la Prime pour l'emploi par le gouvernement de Lionel Jospin. Il a présidé le comité d'évaluation du RSA en 2008.

Début 2019, François Bourguignon présente aux adhérents AIRE une synthèse marquante des débats récents autour du concept de revenu d'existence. Le 16 septembre 2019, il intervient de nouveau, au colloque organisé par l'AIRE au Sénat pour célébrer le trentième de l'association (vidéo ici).

Alain Caill

Né en 1944, Alain Caillé est professeur émérite de sociologie à l’Université Paris Ouest Nanterre-La Défense où il a co-créé et co-dirigé le SOPHIAPOL, laboratoire de sociologie, philosophie et anthropologie politiques. Il a créé en 1981 la Revue du MAUSS (Mouvement anti-utilitariste dans les sciences sociales). Cette revue interdisciplinaire de sciences sociales et philosophie politique vise à critiquer et à dépasser, théoriquement et pratiquement, l’économisme qui imprègne nos sociétés depuis trente ou quarante ans, en s’inspirant notamment de L’Essai sur le don de Marcel Mauss (1925), qui montre comment les sociétés archaïques ne reposaient pas sur le marché et le troc mais sur ce que Mauss appelle la triple obligation de donner, recevoir et rendre.

En 1996, il dédiée le numéro 7 de la revue du MAUSS semestrielle à la proposition d'un revenu minimum inconditionnel, rassemblant quelques 30 contributions dont celles de Philippe Van Parijs, Yoland Bresson, Jean-Marc Ferry, Robert Castel, Chantal Euzéby, Jean-Marie Harribey, Dominique Méda ou Jean-Michel Belorgey...

En 2013, il est à l’origine du Manifeste convivialiste, texte signé par une soixantaine de personnalités du monde entier. Le convivialisme, dont le nom est inspiré des travaux d’Ivan Illich, est une philosophie politique visant à regrouper les initiatives allant dans le sens d’une alternative à l’organisation néo-libérale actuelle du monde en explicitant leur dénominateur commun, à savoir la recherche d’un art de vivre ensemble ou convivialisme. Un Second Manifeste Convivialiste a été publié en février 2020.

Alain Caillé dirige toujours la revue du MAUSS, qui publie également une collection de livres. Il est l'auteur d’une vingtaine d’ouvrages et d’environ quatre cents articles.

Chantal Euzéby

Chantal Euzéby est professeur émerite de sciences économiques à l'université de Grenoble-II, experte auprès du Bureau International du Travail (BIT) et de la Commission des Communautés Européennes. Elle a notamment présidé le Comité de rédaction de la Revue Internationale de sécurité Sociale (Genève) ainsi que le jury international "Bonnes pratiques" en matière de sécurité sociale de 2008 à 2018 (jury co-organisé par l'Association internationale de sécurité sociale et le BIT).

Ses travaux de recherche ont, pour beaucoup d'entre eux, porté sur les thèmes de la pauvreté, des minima sociaux, du revenu d'existence, de l'emploi, de la redistribution des revenus et de l'inclusion sociale dans leurs aspects comparatifs à l'échelle mondiale et surtout européenne.

Fin 2015, elle a notamment partagé avec les adhérents AIRE une mise en perspective du revenu d'existence avec l'évolution mondiale de la protection sociale sur longue période. Cela en distinguant d'un côté les droits contributifs liés au travail comme l’assurance retraite, les allocations chômage de courte durée, l’assurance pour les accidents et les maladies dus au travail ainsi que les indemnités journalières et d'un autre côté, les droits propres attachés à la personne logiquement financés par l'impôt tels que l’assurance santé, les allocations familiales ou encore le minimum social universel.

Plus récemment elle s'est employée à montrer que, sous l'effet des mutations socio-économiques (instabilité familiale, alternance entre chômage et précarité, discontinuité des parcours professionnels etc), l'individualisation / universalisation des droits à la protection sociale est un processus à l'oeuvre dans l'Europe continentale, différencié selon les pays en fonction des contraintes économiques et des héritages socio-culturels et inéluctable dans la durée (cf. Revue Française des Affaires  Sociales, n°4, 2018). Il s'agit pour les systèmes "bismarckiens" concernés d'aller graduellement vers le développement des droits non contributifs pour tous attachés à la personne. Cela dans une logique d'investissement social et de développement humain. Une nouvelle génération de droits sociaux tend, en effet, à émerger : droit pour tous au "care" ; protection étendue aux "faux indépendants"  de plus en plus nombreux (chauffeurs Uber par exemple) ; droit pour tous à la mobilité et à la formation tout au long de la vie, etc.  Cette approche "proactive", intégrative et préventive de la protection sociale marque un renouveau du modèle bismarckien et lui redonne une certaine légitimité à l'échelle internationale. 

Jean-Marc Ferry

Né en 1946, Jean-Marc Ferry est Professeur des Universités, titulaire de la Chaire de Philosophie de l’Europe, à l’Institut d’Etudes Européennes – Alliance Europa de la Maison des Sciences de l’Homme de Nantes. Il a été précédent Professeur à l’Université libre de Bruxelles en Science politique et en Philosophie, Professeur invité à Paris-Sorbonne (Paris-IV), en 2011, puis à l’Université de Nantes. Membre, notamment, du Conseil de la Fondation Jean Monnet, du groupe Spinelli « pour une Europe fédérale et postnationale », du Conseil scientifique de l’Observatoire Européen des Politiques Universitaires (OEPU), Jean-Marc Ferry est Docteur honoris causa de l’Université de Lausanne.

Il a dirigé plusieurs collections : « Humanités » aux Editions du Cerf, « La pensée élargie » aux éditions du Bord de l’Eau, « Philosophie et société » aux éditions universitaires de Bruxelles, « Philosophie appliquée » aux Presses de l’Université Paris-Sorbonne. Il a publié une trentaine d’ouvrages, dont :

Jean-Marc Ferry est Commandeur de l’ordre de Léopold, et Grand Officier de l’ordre de Léopold II. Son oeuvre fut couronnée à deux reprises par l’Institut de France : Prix La Bruyère de l’Académie française, Prix Louis Marin de l’Académie des Sciences morales et politiques.

Claude Gamel

Né en 1955, Claude Gamel est diplômé de l'institut d'études politiques d'Aix-en-Provence en 1976, titulaire d'un doctorat de 3° cycle en macroéconomie en 1980 et d'un doctorat d'Etat ès sciences économiques en 1986 (université d'Aix-Marseille III). Lauréat du concours national d'agrégation des universités en 1988, il dirige le département de sciences économiques et le D.E.A. "relations économiques et juridiques internationales" de l'université de La Réunion de 1989 à 1992. De retour en métropole, il est professeur à l'université d'Aix-Marseille III Paul Cézanne. Au cours de cette période, il dirige de 1997 à 2000 le groupe de recherche sur l'adaptation, la systémique et la complexité économique (GRASCE) puis est rédacteur en chef de la revue Economie publique - Etudes et recherches de 2001 à 2003.

Il est actuellement professeur d'économie à l'université d'Aix-Marseille, membre du laboratoire d'économie et de sociologie du travail (LEST, UMR CNRS). Ses recherches portent plus particulièrement sur les théories de la justice sociale et leurs applications en économie publique et en économie du travail.

En lien avec la question du revenu d'existence, il a publié notamment :

  • 2015 - "Essai sur l'économie de "l'égalitarisme libéral". Une combinaison sélective des travaux de Rawls, Sen et Kolm", Revue d'économie politique. (version "pré-publication")
  • 2011 - "Basic income and ELIE transfers : Argument for compatibility despite divergence", in On Kolm's Theory of Macrojustice -A Pluridisciplinary Forum of Exchange, Gamel C. & Lubrano M. (eds), Springer Verlag, Berlin/Heidelberg (version en français)
  • 2007 - "L'allocation universelle et la liberté réelle de Van Parijs", encadré dans Regards croisés sur l'économie (ENS Cachan - Fondation Robert Schuman), n° 1, pp. 51-53, mars. (version initiale, plus longue)
  • 2006 - "The impact of basic income on the propensity to work: Theoretical issues and microeconometric results" (avec D. Balsan et J. Vero), Journal of Socio-Economics (Elsevier Science) (version adaptée à un lectorat français, publiée par Economies et Sociétés)
  • 2004 - "Comment financer l'allocation universelle ? La stratégie de Van Parijs en question", Recherches économiques de Louvain, (version "pré-publication")
Caroline Guibet Lafaye

Caroline Guibet Lafaye est directrice de recherches au CNRS (Centre Maurice Halbwachs – EHESS – ENS). Agrégée et docteur en philosophie de l’Université de Paris-I Panthéon-Sorbonne, elle est également habilitée à diriger des recherches en sociologie depuis 2011 (Université de Paris-IV Sorbonne). Caroline Guibet Lafaye consacre ses travaux de philosophie morale et politique à l’analyse de l’appréciation des inégalités et de leur légitimation, en contexte redistributif. Elle s’appuie sur un corpus normatif philosophique et économique ainsi que sur ses investigations en sociologie pour cerner les conditions d’acceptabilité de mesures redistributives et de principes d’allocation des biens.

Caroline Guibet Lafaye est l’auteur de plusieurs articles et ouvrages dans ces domaines :

Pierre Lavagne

Né en 1938, Pierre Lavagne est agrégé de l'Université en droit et sciences économiques et diplômé de l'Institut d'Etudes Politiques. Il a mené une carrière de Professeur de sciences économiques dans plusieurs universités, principalement à Paris XII où travaillait également Yoland Bresson, mais aussi à Lille, à Amiens et à l'étranger (Maroc, Côte d'Ivoire, Colombie).

Pendant cette période, ses centres d'intérêt les plus constants ont été l'économie du développement et l'économie internationale. Il a étudié tout particulièrement les transferts de capitaux internationaux, sur lesquels ont porté sa thèse. Intellectuellement insatisfait par l'approche marxiste et la théorie néoclassique qu'il estime trop étroite, il suit son collègue Yoland Bresson dès les prémices de l'AIRE, en 1984.

Il a constamment participé aux travaux de l'association. Les textes de ses contributions majeures sont disponibles sur ce site.

François Legendre

Né en 1960, François Legendre est agrégé de l'Université, professeur d'économie et chercheur. Il dirige l'école doctorale "Organisations, marchés, institutions" de l'université Paris-Est-Créteil. Il est conseiller scientifique de la Direction des statistiques (DISEP), des études et de la prévision, à l'Agence centrale des organismes de Sécurité Sociale (ACOSS) ainsi que de la Caisse nationale des Allocations familiales (CNAF). Il est membre élu du Conseil national des universités (CNU).

En novembre 2018, il présente la première version d’un modèle d'équilibre général, permettant d'évaluer ex ante les conséquences d’un remplacement de la combinaison actuelle d’un salaire minimum (SMIC) et d’un revenu minimum (RSA) par un revenu universel forfaitaire inconditionnel.

Patrick David

Né en 1937, Lionel Stoleru occupe une place particulière dans la vie politique française en ayant mené une carrière d'économiste au service du progrès social de notre société. Conseiller de Valéry Giscard d'Estaing, membre des gouvernements de Raymond Barre et Michel Rocard, il crée en 1988 le Revenu Minimum d'Insertion (RMI), voté à l'unanimité, ainsi que diverses mesures de justice sociale. Il soutient auprès de Nicolas Sarkozy la transformation du RMI en RSA.

Son livre de 1974 "Vaincre la Pauvreté dans les pays riches" a marqué la réflexion politique française comme le document fondateur du concept d'un revenu de solidarité universel sous forme fiscale, dont le Revenu d'existence s'inspire.

Il a été promu en 2016 Commandeur de la Légion d'Honneur au titre de son action en faveur de la réinsertion des détenus dans les prisons.

Lionel Stoléru est décédé le 30 novembre 2016, à Paris.

Actualité

Prochaines rencontres mensuelles AIRE :

  • les réunions d'avril et mai sont annulées pour causé d'épidémie
  • le 10 juin 2020 à 18h00 (à confirmer) : l'agenda sera précisé ultérieurement

Adhérer à l'AIRE ? : bulletin d'adhésion pour l'année 2020

Retrouvez les textes publiés dans nos lettres de liaison depuis 1993 :

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